Combattre les fariboles

Dans les exemples qui suivent, les auteurs ont réagi contre des écrits de personnages connus, pour dénoncer en matière d’énergie des fariboles exprimées publiquement et le plus sérieusement du monde. Or il ne s’agit pas d’un exercice académique: les uns (ou leurs prédécesseurs) ont été à la source de données fausses utilisées par l’administration fédérale; les autres détiennent un pouvoir législatif, leur passion communicative, en matière de fictions alléchantes, a convaincu peu à peu une majorité; tous violent allègrement les lois de la physique – et ils mènent ainsi notre pays dans un marécage de probables et coûteuses pénuries …

L’éditeur, le 27.11.2014

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Un professeur zürichois, égaré très loin de ses ordinateurs

 

L’article en question   «Am teuersten dürften Atomkraftwerke sein»

de Martin Läubli, dans le Tagesanzeiger, le 24 février 2013

La parole au Professeur Anton Gunzinger, de l’EPFZ

 

Lettre de lecteur, à la connaissance de l’éditeur pas publiée

 

Herr Gunziger behauptet, dass mit einer installierten Photovoltaikleistung von 12 GW alle schweizerischen Kernkraftwerke (KKW) ersetzt werden können. Dies ist eine bewusste Irreführung des Publikums, wie die folgende Rechnung auf dem Niveau eines Fünftkl.sslers der Primarschule zeigt. Unsere KKW leisten im Jahresschnitt ca. 3 GW. Damit produzieren sie eine Bandenergie von 3 GWJahr. Die Sonnenscheindauer im schweizerischen Mittel beträgt höchstens 1900 Stunden. Ein Jahr umfasst etwa 8800 Stunden. Damit die Photovoltaik die gleiche Energie produzieren kann, muss deren installierte Leistung mindestens (8800 / 1900) mal 3 GW = 14 GW betragen. Darin sind aber die notwendigen Umformung- (Gleichstrom zu Wechselstrom), Transport- und Speicherverluste nicht mitberücksichtigt. Ebenfalls nicht berücksichtigt sind Verluste, die durch die Variation des Einfallswinkels der Sonnenstrahlung, Belegung von Staub, Tau, Schattenwurf usw. entstehen. Damit wir eine stabile elektrische Energieversorgung garantieren können, brauchen wir eine zusätzliche Leistungsreserve, die den Launen der Natur gerecht werden kann. Mit diesen Faktoren eingerechnet dürfte der Bedarf an installierter Photovoltaikleistung mindestens 22 GW betragen. Je nach Effizienz der Photovoltaikzellen dürfte damit eine Fläche von einigen hundert bis tausend Quadratkilometern nötig sein. (Die Fläche des Kantons Thurgau beträgt angenähert 1000 Km2.)

 

Pr. honoraire EPFL Franz-Karl Reinhart, Lausanne, le 5 avril 2013

 

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Un professeur américain, noyé dans l’hydraulique suisse

Titre de l’article: «La Suisse doit reprendre l’initiative en Europe avec une politique énergétique proactive» du 30.10.2014 dans Le Temps

 

L’auteur, le Pr. Michaël Aklin, a fait une partie de ses études à Genève, est actuellement Professeur assistant en sciences politiques à l’Université de Pittsburg, voir   http://www.pitt.edu/~aklin/

 

Lettre de lecteur, parue dans Le Temps le 10.11.2014

 

La Suisse, «batterie» électrique de l’Europe?

Le Pr Aklin (Université de Pittsburgh) écrit que «la Suisse n’utilise que 31% de son potentiel hydraulique». Il confond la puissance hydraulique de ~14 GW (~4 GW pour les centrales au fil de l’eau et ~10 GW pour celles à accumulation) et la production d’hydroélectricité qui est de 39’572 GWh en 2013, dont 2’132 GWh utilisés pour le pompage, soit une production nette de 37’440 GWh (17’759 GWh des centrales au fil de l’eau et 19’681 GWh de celles à accumulation, selon la «Statistique suisse de l’électricité 2013»). Il oublie qu’il est impossible de turbiner l’eau de nos lacs durant 8’760 heures par an (365 x 24) avec une puissance de 10 GW! Cela représenterait une énorme quantité d’électricité de 87’600 GWh. La production effective correspond à 1’968 heures par an à pleine puissance. La capacité des bassins de retenue étant de 8’775 GWh, on arrive à l’utiliser un peu plus de deux fois par an. Le potentiel hydraulique de la Suisse ne doit donc pas être identifié à une utilisation à 100% du temps d’une puissance de 14 GW.

Dans sa «Stratégie énergétique 2050» (SE2050) le Conseil fédéral prévoit une augmentation de la capacité de production hydraulique de 3’200 GWh, soit ~10% de la production actuelle. La future centrale de pompage-turbinage de Nant de Drance (entre les deux lacs d’Émosson et du Vieux-Émosson) aura une puissance de 0,9 GW et pourra récupérer 2’500 GWh, soit ~80% des 3’100 GWh pompés. On voit que la puissance maximale sera disponible ~2’800 heures par an. En comparaison, le lac des Dix a une capacité de 400 millions de m3 retenus par le barrage de la Grande-Dixence, permettant une puissance de 2 GW durant 1’000 heures de pointe pour produire 2’000 GWh par an, sur une chute maximale de 1’880 m. Selon la SE2050, la capacité de pompage-turbinage en Suisse, qui est de 1,7 GW, pourra être portée à 4 GW d’ici à 2020, soit une infime partie de la capacité requise en Europe.

Christophe de Reyff, Pensier (FR), le 1.11.2014

 

Commentaire

Nos diplomates seront donc bien inspirés de ne pas évoquer les barrages suisses comme accumulateurs capables de servir toute l’Europe, alors qu’ils ne sont pas suffisants à faire face au départ des usines électro-nucléaires suisses … Les spécialistes européens, devant pareil argument (scientifiquement inconsistant), risqueraient bien de leur rire au nez !

André Bovay-Rohr, Colombier, le 27.11.2014

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Dans les sables mouvants de croyances énergétiques

 

Titre de l’article:  Trois ans après Fukushima, une sortie du nucléaire à reculons

publié le 25.11.2014 dans le Temps.

 

Lettre de lecteur, publiée le 27.11.2014 dans Le Temps (parties en italique que la Rédaction a supprimées); à l’origine, un courriel:

De : Famille Bovay-Rohr 

Date : 25 novembre 2014 12:54:07 

À : adele.thorens@parl.ch

Cc : lecteurs@letemps.ch, yannick.buttet@parl.ch, jacques.bourgeois@parl.ch, laurent.favre@parl.ch, roger.nordmann@parl.ch, « Guy.Parmelin@parl.ch » <guy.parmelin@parl.ch>, christian.wasserfallen@parl.ch, hans.killer@parl.ch, pierre-francois.veillon@parl.ch, rudolf-joder@joder.ch, gpk.cdg@parl.admin.ch

Objet : Importations massives d’électricité: votre politique du futur ?

Madame la Conseillère nationale, 

Dans votre article, titre « Trois ans après Fukushima, une sortie du nucléaire à reculons », on trouve l’affirmation, à propos de nucléaire, « …les alternatives sont là, à portée de main. » 

Hélas, Madame, c’est carrément faux! Je ne comprends pas que vous puissiez croire à ce conte à dormir debout: cela suppose que vous ayez fait confiance à des spécialistes qui ne la méritaient pas. Aussi bien en ce qui concerne l’usage des énergies renouvelables en Suisse, qu’en ce qui concerne les risques du nucléaire, vous semblez vous être faite mener en bateau dans les grandes largeurs …

Conséquences:  votre politique mène tout droit, sans que vous le disiez nulle part, à une augmentation massive de nos importations d’électricité; et les seuls à même d’exporter de l’électricité dans ces quantités ces temps sont les usines à charbon allemandes: est-ce vraiment ce que vous désirez amener par votre vote ?

Salutations respectueuses.

André Bovay-Rohr

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Documentation

 

En ce qui concerne le remplacement des centrales nucléaires, on trouve la démonstration simple, en physique, qu’il est impossible avec les moyens déployés en Suisse, à l’article:   Remplacer Mühleberg nucléaire? Exclu!   

dans le blog « Toutes les énergies », site   www.entrelemanetjura.ch   

 

En ce qui concerne les spécialistes , voir

   Commissions de surveillance saisies   

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Nucléaire: un constat implacable, vraiment?

Lettre de lecteur, publiée dans Le Temps le 5 décembre, dont le titre a été changé par la rédaction du LT en « Nucléaire : sortie hâtive ».

D’où vient cette certitude (voir Le Temps du 21 novembre) qu’aucune centrale nucléaire n’a la moindre chance d’être construite en Suisse? Il ne faut pas se gêner de rappeler que des plans étaient quasiment prêts jusqu’au 25 mai 2011 – date de la décision hâtive de «sortie» par le Conseil fédéral – pour trois nouveaux réacteurs sur les sites des centrales actuelles et qu’on serait en train de couler le radier du premier. On nous rebat les oreilles avec «l’exemple» allemand. Sortir du nucléaire au prix de centrales polluantes au lignite, non merci!

Il est illusoire de remplacer cette ressource nucléaire par des agents renouvelables. En effet, on a, d’une part, la nécessité d’assurer un courant de base qui est à hauteur de 5 GW au minium toute l’année et, de l’autre, la «Stratégie énergétique 2050» (SE2050) propose ~24 TWh d’électricité produite par des sources renouvelables dont principalement du solaires et de l’éolien. On répond naïvement à une demande de garantie de puissance par un bilan d’énergie annuel! C’est une grave confusion, car ce n’est pas résoudre le problème posé. On ne peut pas garantir une puissance de base par des sources aléatoires et intermittentes. Le pompage-turbinage, que l’on présente comme la panacée, doit de toute façon être mis en œuvre, mais son potentiel reste marginal (quelques TWh) et ne va de loin pas permettre de stocker 18 TWh en été pour retrouver 14 TWh en hiver. Ce sont là des considérations de bon sens, basées sur un peu de physique. La SE2050 prévoit aussi un apport de ~11 TWh par des centrales aux agents fossiles, soit ~8 Mt de CO2 en plus. Voulons-nous une vraie transition énergétique vers moins de fossiles, oui ou non? Il serait absurde de se lancer dans une utilisation accrue d’agents fossiles pour faire notre électricité. De plus, avec une taxe à 120 francs la tonne de CO2, ce ne serait plus rentable. Regardons la réalité en face, n’imitons pas ceux qui s’égarent!

Nucléaire: un constat implacable, vraiment?

Christophe de Reyff, Pensier (FR), le 22 novembre 2014

Sur le même thème, voir Nucléaire : rêveries ou analyses sérieuses ? 

l’éditeur, le 15 janvier 2015

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Thèmes dans le blog – pour débuter

§ Médecine et biologie

Une obsession anti-nucléaire a été créée dans le monde et en Suisse, dès avant l’accident au Japon consécutif au tsunami. Il convient de s’inquiéter de la provenance et de la diffusion sectaire de cette obsession: à qui profite-t-elle ?

Or la faible radioactivité ambiante consécutive à un accident comme celui de Fukushima est inoffensive; seul bémol: il ne faut pas avaler, respirer ou venir en contact avec une substance radioactive – ce qui n’est pas difficile à garantir, même quelques jours après un accident; c’est ce qui n’a pas été fait à Tchernobyl. En revanche, l’évacuation massive et durable de la région de Fukushima est vraisemblablement très exagérée … Lire (et suivre les liens dans) …

Le domaine de la radio-protection vacille

Nage dans l’uranium …

L’opposition au nucléaire est devenue infondée    dans lequel on trouve la table de M. Bertrand Barré (conséquences de la radioactivité sur la santé)

L’allergie aux poussières de maison est une affection chronique dont on ne se débarrasse en pratique jamais totalement; il existe un procédé efficace pour tuer jusqu’au dernier (de ceux qui viennent à vous) les acariens qui en sont cause, par leurs excréments; on tire parti du fait qu’ils ne supportent pas forte chaleur et sécheresse; voir

   Soulager l’allergie aux acariens, avec de l’énergie

§ Les conceptions, les données et les calculs provenant de l’administration fédérale à Berne sont entachés de sévères lacunes en physique ! Lire (et suivre les liens dans) …

Quelle sécurité d’approvisionnement en électricité ?

PAS DE SURVIE

Remplacer Mühleberg nucléaire ? Exclu !

Le Conseil fédéral et le Parlement ont été trompés

Il n’y a pas qu’à la Confédération qu’on vit d’illusions:

Géothermie à Genève: quelle aventure !

Chaque fois que l’on met en service en Suisse une éolienne ou un parc photovoltaïque, on augmente la pagaille du réseau électrique européen, dûe à la simultanéité des productions de tous les autres parcs: le courant est produit à un mauvais moment, alors que le réseau est déjà saturé; les quantités sont telles, qu’aucun accumulateur ne permet de faire face au déluge; les moyens financiers mis dans ces constructions sont donc le plus souvent du gaspillage à grande échelle.

§ Situation suisse ... Lire (et suivre les liens dans) …

Coincés sur les transports …

Pénuries de 70% !

Les autoroutes suisses ont des réserves de capacité inutilisées

Eteindre un incendie, c’est faisable …

Prairie – au lieu de gazon

 

§ Physique et autres sciences

L’hydrogène ? Science sans conscience !

CO2 : ENCORE ! Est-ce bien raisonnable ?

Crise de volcanisme en Islande

DESERTEC, exploitation durable à grande échelle d’énergie solaire

L’aviation civile a encore de gros progrès à faire !

Quand change l’axe de rotation du Globe

Physique de l’Univers

Astéroïdes et comètes: les besoins du génie civil spatial

 

André Bovay-Rohr, Colombier, le 22 novembre 2014

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Stratégie énergétique 2050 – l’erreur du siècle ?

Annonce pour le 27 novembre 2014, 11:00 à Berne

Comme le thème et le contenu ont déjà été abondamment traités dans le présent blog, les tristes conclusions des auteurs de l’étude citée plus loin semblent découler naturellement des erreurs de conception, des données fausses et des erreurs de calculs que nous connaissons bien. Il est tout-à-fait juste que le public en prenne enfin connaissance …

L’éditeur, le 18.11.2014

*   *   *

Groupe d’étude Politique énergétique

Institut Libéral, Genève et Zurich

Institut für Wirtschaftsstudien Basel SA 

Conférence de presse

Stratégie énergétique 2050 – l’erreur du siècle en matière de politique économique?

Date : Jeudi 27 novembre 2014, 11 h à 12 h

Lieu : Restaurant Schmiedstube, Salle « Amboss »

Schmiedenplatz 5, Berne

 

La politique énergétique actuelle ne mérite pas le nom de « stratégie ». Elle n’est pas suffisamment légitimée au niveau politique, alors que son assise ne peut pas non plus être considérée comme fondée au niveau scientifique. Elle se focalise sur ce qui pourrait être réalisable au niveau technique, mais en laisse largement de côté les coûts et les conséquences économiques. Le Groupe d’étude Politique énergétique présente une analyse en profondeur des implications techniques et économiques, mais aussi institutionnelles de la stratégie énergétique 2050. Cette dernière risque de manquer ses objectifs économiques et écologiques, finalement d’échouer et de laisser derrière elle des dommages considérables. Le Groupe d’étude recommande dès lors d’interrompre sans délai la mise en oeuvre de la stratégie énergétique 2050 et d’initier une phase de réflexion. Il en est encore temps.

11.00 Pierre Bessard Directeur de l’Institut Libéral, Genève et Zurich

Introduction et modération

 

11.10 Prof. Bernd Schips

Présentation des conséquences pour l’économie

          Prof. Silvio Borner

Présentation des conséquences pour la politique économique

 

11.40 Questions et discussion

Coordination de la conférence de presse : Markus Saurer    markus.saurer@industrieoekonomie.ch   079 308 76 48

Téléchargement de la documentation dès le jour de la conférence de presse :    http://www.iwsb.ch/publikationen/studien.html

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Quelle sécurité d’approvisionnement en électricité ?

Ce 28 octobre 2014, diffusé au 19:30 de la RTS, «Le Conseil national empoigne le débat sur l’énergie»; lien

   http://www.rts.ch/video/info/journal-19h30/6258713-le-conseil-national-empoigne-le-debat-sur-l-energie.html

dans ce reportage, d’un bout à l’autre on répète « sortie du nucléaire » ! On se serait cru revenu en 1986, chez Stéphane Collaro, dans Cocoricocoboy: « Pardonnez moi grand maître, quelle est cette secte très très étrange?« .

Ce n’est pas la première fois que la RTS fait sur les sujets de l’énergie et du nucléaire de la demi-information: ci-dessous, les remarques que les journalistes de la RTS auraient bien dû faire et les questions qu’ils auraient bien dû poser (!) – et non pas attiser la peur du public des centrales nucléaires, largement infondée …

En effet, la grande affaire est de savoir comment la Suisse va procéder ces prochaines années, pour à la fois diminuer ses émissions de gaz à effet de serre et continuer à bien vivre – et non de se lancer dans des opérations téméraires, comme de se contenter des faibles et inadéquates énergies renouvelables: l’inquiétant est que le Conseil fédéral et le Parlement n’aient pas l’air au courant (que les énergies renouvelables ne peuvent physiquement pas remplacer le nucléaire en Suisse); évidemment, ils sont partis des données fausses de l’OFEN; citation d’une lettre de son Directeur du 26.8.2014: «La décision de renoncer à moyen terme à l’énergie nucléaire est fondée sur divers documents de base, qui montrent que la sortie de l’énergie nucléaire est faisable et économiquement supportable» est de toute évidence entièrement fausse; si les soi-disant experts de l’administration racontent de telles sornettes, comment en vouloir aux Autorités qui leur font confiance ? Mais il serait temps qu’Elles ouvrent les yeux et rapportent leurs décisions téméraires: car tout le travail préparatoire de la stratégie énergétique de la Confédération est évidemment à refaire.

Copie et traduction de la lettre du 26.8.2014 de l’OFEN au Pr. Reinhart et documentation dans: Transition énergétique à la dérive

Ce sera pour le Parlement la dernière minute pour réaliser l’enjeu véritable:

Le Parlement propose-t-il vraiment, comme le Conseil fédéral, d’importer massivement dans le futur notre courant électrique de l’Union européenne ? Car ce sera la conséquence directe de l’arrêt des 3’200 MW de nos centrales nucléaires et du manque des 24 TWH/an qu’elles produisent jour et nuit toute l’année …

Je doute infiniment que cette façon de faire ait l’approbation du Peuple suisse ! 

André Bovay-Rohr, Colombier, le 2 novembre 2014

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Crise de volcanisme en Islande

Depuis des semaines, une éruption de fissure est en cours au nord du gros volcan connu Bardarbunga, volcan qui se situe sous le glacier Vatnajökull (le plus grand glacier d’Islande). On peut de temps en temps obtenir de superbes images vidéo, comme ce samedi 25 octobre 2014 à 01:35; la fissure d’où s’écoule la lave est dans une zone sans glaces, en marge du glacier:

2014.10-25 Kistufel éruption

Source:   http://www.livefromiceland.is/webcams/bardarbunga-2/

Or sous le Bardarbunga, ces derniers jours il est survenu une crise de séismes en nombres croissants; ces dernières 48 heures il en est survenu 71 de plus de 3 Richter d’intensité, à toutes les profondeurs comprises entre quelques centaines de m et 10 Km (utiliser l’option « Table » pour ces comptages):

2014.10-25 Vatna séismes

 

Source:    http://en.vedur.is/earthquakes-and-volcanism/earthquakes/vatnajokull/

De plus, si l’on examine les données GPS, également disponibles, on constate que toute la zone où ont lieu ces séismes a gonflé d’environ 70 mm depuis le 16 août 2014 !

2014.10-25 Vatna GPS

Source:    http://hraun.vedur.is/ja/Bardarb/GPS/Slider/images.html

 

Conclusion

Prochainement une éruption va vraisemblablement se produire en Islande, sous le Vatnajökull, par le gros volcan déjà connu Bardarbunga; elle pourrait être au moins aussi importante que celle de l’Eyjafjallajökull en 2010.

André Bovay-Rohr, Colombier (VD), Suisse, le 25.10.2014

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Commissions de gestion hors circuit

Un épouvantable scandale s’est révélé à la Confédération suisse au cours de l’été 2014: les conséquences de la soi-disant « sortie du nucléaire » n’ont pas été estimées convenablement, entre autres le remplacement de la puissance des centrales nucléaires a été si mal calculé, qu’il se révèle physiquement impossible avec les énergies renouvelables qu’on peut capter en Suisse. Le Conseil fédéral continue imperturbablement, fait répondre avec beaucoup d’assurance par son administration – justement celle dont les défaillances sont responsables du désastre. C’est au tour du Parlement ces jours d’étudier une nouvelle loi sur l’énergie, préparée par le Conseil fédéral, sans apparemment s’apercevoir que les projets qu’il examine sont pourris par des raisonnements et des calculs qui feraient honte à un physicien débutant. 

Il reste – pour les rares scientifiques qui osent s’exprimer, en pratique tous des retraités – à s’adresser aux organes de surveillance de la gestion du Conseil fédéral et de l’administration, pour tenter d’éviter le naufrage prévisible, que ce soit avec cette loi ou avec les ordonnances et autres suites réglementaires.

Que sont, au Parlement fédéral, les Commissions de surveillance ?

Dans le cas présent, voir la documentation sur les Commissions de gestion CdG

L’éditeur, le 15.10.2014, rév. du 25.10.2014

*   *   *

Lettre d’André Bovay-Rohr, Colombier (VD), le 15.10.2014

 

Commissions de gestion CdG

Att. M. le Président Joder Rudolf

Att. M. le Président Hess Hans

Palais du Parlement

par fax: +41 58 322 96 26

CH-3003 Berne

 

Concerne: Requête à propos de dysfonctionnements au DETEC 

 

Monsieur le Président,

 

A propos des décisions du Conseil fédéral en matière d’énergie, comme scientifique il a fallu constater à plusieurs reprises que le DETEC ne les préparait pas de manière sérieuse; les manquements se situent entre autres en radioprotection (biologie et médecine), en physique, en économie.  

Les projets concernant la production et la distribution d’électricité, par exemple, contiennent un canular : le remplacement des énergies fossiles par des énergies renouvelables ; en effet, les premiers calculs montrent que dans les conditions de la Suisse, avec les technologies disponibles c’est physiquement exclu – du point de vue de l’ingénieur, ces projets-là sont donc des entreprises téméraires.

Il semble extraordinaire qu’une organisation de l’ampleur et de la qualification des services de l’administration fédérale en charge de ces questions puisse se permettre pareilles dérives, sans qu’aucun contrôle de qualité intervienne.

Les projets proposés par le Conseil fédéral sous forme de loi sur l’énergie sont également lacunaires ; par exemple, le remplacement du pétrole et du gaz est largement passé sous silence … ne figure pas dans la stratégie énergétique, même pour dans 40 ans !

Les remarques écrites répétées et les publications – que par exemple des savants comme le Dr. De Reyff, le Dr. Dupont, le Pr. Borner, tout récemment le Pr. Reinhart et le Pr. Sarlos ont faites – ont averti publiquement que la Suisse ne pourra pas à la fois violer les lois de la physique, prendre des décisions de stratégie énergétique au gré des humeurs et des opinions, tout en croyant pouvoir conserver sa prospérité : c’est incompatible. Or l’OFEN leur a fort mal répondu.

Dès 2002, la Confédération a été informée sur de nouveaux types de réacteurs nucléaires, en particuliers sur ceux capables de détruire les déchets nucléaires, tout en produisant des torrents d’énergie ; elle n’en a rien fait ; dans le même temps, le Conseil fédéral a laissé répéter dans le public qu’il n’y avait pas de solution au problème des déchets nucléaires ; il a ainsi miné la confiance des experts à son égard.

La Suisse risque sous peu de faire partie des pays malades d’un réseau électrique instable, dépendant très fortement d’importations (pour le moment du dumping – mais pouvant subitement manquer – ou devenir très coûteuses) venues des pays voisins, membres de l’Union Européenne; or la plupart des postes de travail en Suisse dépendent d’un réseau électrique de haute qualité.

Cette perte d’indépendance prévisible est une très grave erreur stratégique.

Les dépenses annuelles en énergie de la Suisse dépassent les 30 milliards de francs par an, dont plus de 20 milliards représentent des importations; des dysfonctionnements dans ce système auront donc inévitablement des conséquences financières et économiques très lourdes.

Conclusion: je sollicite de votre Autorité que soit diligentée une enquête en matière de projets énergétiques du Conseil fédéral, sur toutes les décisions importantes prises, si possible depuis le début du 21ème siècle. 

A votre disposition. Salutations respectueuses.

André Bovay-Rohr

 Annexes : documentation – augmentée par un courriel

Une version imprimée des articles ci-dessous a été jointe à l’envoi: 

   Remplacer Mühleberg nucléaire ? Exclu !

   Le Conseil fédéral et le Parlement ont été trompés

*  *  *

Commentaire: 

Cette demande aux CdG est destinée à devenir inspiration, pour tous ceux qui voient avec inquiétude la Confédération préparer, sous forme de législation, un avenir vicié par des énergies renouvelables appliquées en dehors de leurs possibilités. Scientifiques et économistes seront alors bien inspirés de s’adresser eux aussi et dans les jours qui viennent aux CdG de la Confédération, en étant autorisés à copier le contenu de la lettre ci-dessus.

Votre courrier devra parvenir avec une signature reconnue, soit par poste, soit par fax; SVP donner copie par courriel à info@entrelemanetjura.ch – d’avance merci.

Relire:   Transition énergétique à la dérive

            Une adhésion forcée à l’UE ?

            Les Gobeurs

 André Bovay-Rohr, Colombier (VD), le 15.10.2014

*  *  *

Réponse officielle des commissions de gestion.

    2014.11-28 cdg-lettre   

Que les débats dans les commissions CEATE (dûment renseignées, dès la consultation officielle de janvier 2013) ou dans les chambres fédérales suisses se déroulent avec des données physiquement réelles ou avec roulage dans la farine importe peu, semble-t-il; que le Conseil national aille passer les prochains jours à discuter de données en partie inventées – à Byzance aussi, on a fait cet exercice en 1453, cela s’est extrêmement mal terminé – me semble pourtant une désastreuse perte de temps …

Tant pis ! J’ai le sentiment d’avoir fait mon devoir, en avertissant des faits ceux qui sont censés surveiller l’administration fédérale à l’origine du scandale.

 André Bovay-Rohr, Colombier (VD), le 28.11.2014

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L’optimisme irréaliste de Madame Leuthard

Lettre de lecteur, publiée le 6.10.2014 dans Le Temps, avec un titre modifié (« L’optimiste Doris Leuthard »), les deux paragraphes modifiés/tronqués à la fin et une erreur de notation, mm3  (milli-) au lieu de Mm3  (Millions!).

L’éditeur, le 12.10.2014.

*   *   *

L’objectif premier d’une transition énergétique est de réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées. Il ne faut pas se tromper de transition: il s’agit bien avant tout d’engager une transition énergétique et pas électrique! Dans son plaidoyer (LT 30 septembre) notre Ministre de l’énergie écrit: «il est important de continuer à investir en Suisse pour éviter de devoir importer toujours plus d’électricité». La part des agents fossiles et nos émissions de CO2 vont diminuer grâce au nombre croissant de pompes à chaleur (PAC) et de véhicules électriques (VEL); cela signifie un report sur la demande d’électricité qui ne pourra que croître, malgré les efforts d’efficacité et les succès des smart grids. Nous consommons 60 TWh (milliards de kWh) par an; ce sera bien plus avec des centaines de milliers de PAC et de VEL dont l’électricité devra être produite, de nuit et de jour, dans le pays.

Il semble que, comme beaucoup de personnes, notre Ministre n’ait pas le feeling de ce que représente un TWh: la Grande-Dixence (400 Mm3 d’eau) en produit deux par an, Mühleberg trois. Si, pour stocker, en vue de l’hiver, les excès de production estivale du solaire, il fallait recourir à des batteries, p.ex. du type chlorure de sodium/nickel, avec 1,5 kg de nickel pour un kWh, il en faudrait 1,5 million de tonnes pour un TWh, soit 70% de la production mondiale annuelle de nickel; le volume de l’accumulateur serait de 8 Mm3, un cube de 200 m de côté, pour un seul TWh! Le stockage électrochimique en masse est donc exclu. On parle d’hydrogène, d’air comprimé, de supercondensateurs, d’énergie magnétique à supraconducteur… Le calcul des masses en jeu, nécessaires pour stocker une dizaine de TWh, donne des quantités de matières astronomiques. Reste le pompage dans nos bassins d’accumulation de montagne; là, nous n’avons que quelques TWh de capacité, et augmenter leur nombre représentera des coûts insupportables.

Christophe de Reyff, Pensier (FR), le 3.10.2014

*   *   *

Commentaire

On trouve ici pourquoi le remplacement du nucléaire se fera en Suisse par d’autres moyens que par des éoliennes ou par des panneaux photovoltaïques; que ce soient par les puissances ou par les quantités d’accumulateurs saisonniers nécessaires, les premiers calculs révèlent des obstacles pratiques et aussi financiers insurmontables; à ce sujet, relire    Remplacer Mühleberg nucléaire ? Exclu !

Il faut attendre des chercheurs les solutions miracles, qui feraient de « la transition énergétique » mieux qu’une entreprise téméraire … Cela pourrait prendre bien plus que 25 ans – ou ne jamais se produire. Dans ce cas, l’entreprise téméraire se transformera en désastre national.

André Bovay-Rohr, Colombier (VD), le 12.10.2014

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// Notes du 6.4.2021 et du 21.5.2021

   Pour faire la différence entre le contenu de ce blog et des « fake news », il suffit de chercher les sources utilisées par l’auteur: un scientifique fournit en principe toujours ses sources (à moins qu’une formation de base en physique y suffise). C’est par exemple le cas sur tout ce qui concerne le combat contre la pandémie COVID-19: l’éditeur, souvent lui-même auteur, n’est pas médecin !

Quand vous trouvez dans un article un nom d’auteur, commencez par vérifier si vous avez tout compris de ses propos ! En général, vous avez affaire à un scientifique, qui a été admis à publier dans ce blog à cause de ses compétences. Traiter avec un haussement d’épaules son rapport d’expert va se payer très cher: la plupart du temps, il s’agit de données de la Nature; passer outre, comme par exemple avec les affaires du CO2 (qui ne présente PAS d’effet de serre) ou de l’abandon suisse du nucléaire, aura de terribles conséquences: n’hésitez pas – prenez contact !

// fin de notes du 6.4.2021 et du 21.5.2021

   Objectifs poursuivis

Publier des travaux scientifiques ou techniques originaux, ayant ou non un rapport avec l’énergie.

Trouver et proposer, pour la Suisse, un approvisionnement en énergie qui soit réalisable et durable – sans exclure aucune source d’aucune sorte.

   Contenu 

Le terme blog est la contraction de « web log« , qui signifie « Livre de bord internet ». Ce blog-ci (qui a débuté en 2010) est un espace de liberté, pour des auteurs francophones:

– d’un côté on trouve des réflexions sur l’actualité en Suisse, très souvent après le constat de quelque dérive dans les projets d’approvisionnements;

– de l’autre, des publications échappant aux monopoles de fait des revues scientifiques ou techniques et des hautes écoles: c’est à l’auteur seul d’annoncer sans délai une découverte, sous sa responsabilité. 

  se trouvant en sciences, il arrive qu’un fait reconnu ne le soit plus ou seulement sous une forme très modifiée, suite à une découverte, par exemple suite à un calcul mieux étayé. C’est ici le cas du CO2: il faut bien regarder la date d’un article, avant de suivre les conclusions qu’on y trouve ! Après les travaux du Pr. Reinhart de 2014, il a fallu réformer ses idées à propos de climat; cela a pris du temps, on doit maintenant aussi tenir compte des dates où l’information est parvenue à l’éditeur: janvier 2017.  On a longtemps cru que l’humanité pourrait avoir perturbé le climat global avec ses émissions de gaz à effet de serre; devant l’immensité du Globe, c’est un sujet à réexaminer périodiquement, avec des pincettes … mais il faut se souvenir de l’affaire des CFC et donc garder à l’esprit qu’il est possible de perturber l’environnement global. Aucun sujet n’est définitivement clos, en sciences.  Note de l’éditeur du 9.3.2018. 

   Logo 

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Potentiel de gravitation à l’intérieur d’une étoile (… à l’intérieur du Soleil).

     Accès 

Pour les lecteurs qui débutent dans le blog, voir la page

Thèmes dans le blog – pour débuter

Sans publicité, le blog est à considérer comme un livre plutôt que comme un périodique; la liste des mots-clés joue le rôle de table des matières, tout comme la liste des catégories.

   Qui sommes-nous ? 

Un groupe informel de scientifiques chevronnés, à la retraite pour la plupart. Politique suivie par l’éditeur: céans sciences et calculs ont le pas sur les opinions …

    Impressum 

Contact et commentaires à l’adresse de courriel:   info@entrelemanetjura.ch  

Editeur:    André Bovay-Rohr, Ch. de Chambens 6, 1114 Colombier (VD), Suisse

 Le 29.9.2014, rév. 12 juillet 2016, 20.1.2018, 9.3.2018, 30.12.2020, 6.4.2021

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Projet de requête aux commissions de gestion du Parlement Fédéral

L’article du 11.10.2014 a été fortement révisé et contient maintenant des copies de lettres. Voir

Commissions de surveillance saisies

 L’éditeur, le 15.10.2014

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