Eteindre un incendie, c’est faisable …

Présentation de l’auteur.

J’ai fait partie du corps des sapeurs-pompiers volontaires de Colombier (VD) d’avril 1975 à mars 1991. L’invention est une maladie à virus, que j’ai contractée à la naissance en 1942, sérieusement aggravée par des études de prof. de sciences (physique et chimie) à l’Université de Lausanne; je ne suis pas devenu prof., mon métier a été informaticien système.

*   *   *

 

§ Au feu !

De l’expérience courante des pompiers, le foyer principal d’un feu dans une grange ou dans un appartement devient totalement masqué par les fumées après environ 5 minutes. La toxicité des fumées, la chaleur, les explosions et la chute de matériaux rendent dès ce moment-là les lieux très dangereux: les consignes pour les premiers arrivés sur les lieux sont de sauver les gens et le bétail, puis de protéger le voisinage, de tenir, en prenant le minimum de risques.  

Il est généralement hors de question techniquement d’éteindre rapidement un gros feu; le plus souvent, tout brûle; le danger qu’il y aurait à éteindre et l’ampleur des moyens à mettre en oeuvre sont considérés comme excessifs, alors que l’essentiel des dégâts (par la chaleur, par la fumée et par la suie, par l’eau, par la poudre, etc) sont déjà faits; il est de fait, que les outils pour éteindre vraiment sont politiquement mal vus, ignorés, pestiférés et – là où ils existent – rarement mis en oeuvre … 

 

§ Rôle de la longue-lance légère.

Au-dessus d’un feu important, l’arrivée de gouttes d’eau empire la situation: carbone incandescent + eau génèrent du gaz de ville   C + H2O => CO + H2   très calorifique, flammes qui vont propager le feu vers le haut et de côté; d’où l’expérience qu’il est généralement impossible d’arrêter un gros feu bien en route, malgré un arrosage intense.

De mon expérience de pompier, j’ai tiré en 1987 l’idée d’un dispositif de refroidissement, de lavage de fumées et d’extinction de gros feux avec peu d’eau. Sachant que la combustion s’effectue avec une circulation des gaz allant de bas en haut, il est particulièrement efficace de pouvoir glisser une source intense de gouttes d’eau sous le feu ou très près de la base du feu, pour étouffer, surtout par le froid mais aussi sous l’eau, la génération de gaz combustibles, si l’on cherche à éteindre vraiment. J’ai mis au point un prototype simple en été 1988, que j’ai appelé « longue-lance légère ». Elle permet d’agir à distance prudente, manipulable facilement par une seule personne.

1999 BA avec longuelance

La longue-lance permet de continuer à intervenir (éventuellement en cassant de l’extérieur une vitre et en passant donc par une fenêtre) quand le sinistre est par son importance ou son danger hors de portée des extincteurs individuels : l’intervention efficace du concierge ou des occupants de la maison, dans les minutes dès le début d’un feu et avant l’arrivée des pompiers, peut faire la différence entre un sérieux incident maîtrisé ou un incendie détruisant tout le bâtiment.

Pour les pompiers, la longue-lance représente la possibilité d’envoyer de l’eau à la base du feu dans les pires endroits d’un incendie. Par rapport à d’autres techniques, les quantités d’eau utilisée permettent de limiter au strict nécessaire les dégâts d’eau.

 

§ Longue-lance, historique de l’usage du prototype.

§ Après des tests dans mon jardin à la pression de 4 bars, le prototype a été essayé au local des pompiers en 1988 à 6 bars, sans aucun problème. Il s’est révélé particulièrement important que le tuyau d’amenée d’eau soit très léger, ce que ne sont pas les très grosses « courses » des pompiers (nom donné aux tuyaux souples de 80 ou 100 mm de diamètre, amenant de l’eau aux lances sous environ 10 bars).

§ Puis j’ai eu l’occasion le 25.5.1991 d’aller au CRIO d’Aubonne (Centre d’instruction de la Région Ouest ) éteindre en moins d’une minute un feu ronflant d’une dizaine de vieilles palettes CFF, allumé dans la maison de test (rez-de-chaussée). Un succès total …

 1999 BA au CRIO

 Photo Daniel Bovay            Intervention seul sur un gros feu à travers une fenêtre

Les palettes qu’on voit ne jouent pas de rôle dans le test, l’homme derrière elles non plus.

 

§ Dans les années suivantes, lors d’essais d’arrosage un 1er août d’arbres supposés être menacés par le feu, la tige en fer a cédé à l’effort de levage à 2 m de l’extrémité inférieure (effet néfaste du perçage tous les 5 cm: un prototype futur devrait utiliser à cet endroit des tubes plus résistants). L’intérêt de la longue-lance serait aussi de pouvoir attaquer un feu de broussailles important ou un feu de forêt débutant, en créant un couloir mouillé. 

 

§ Dans ce beau Pays de Vaud et dans ma Commune, il y a eu absence totale d’intérêt du corps des pompiers de l’époque et de l’Etablissement Cantonal d’Assurances (ECA), informé le 1.6.1999; j’ai laissé tomber … 

§ Conclusion provisoire

Jusqu’à ce jour, j’ai gardé le prototype de 1988 pour la défense incendie de ma maison. La présente information devrait être utile, à tous ceux que l’idée de laisser brûler leurs biens sans pouvoir rien faire révulse ! Car fabriquer une longue-lance légère est à la portée de tout bon bricoleur: à bon entendeur !

 

*   *   *

 

PS technique

§ Il va de soi que dans ma maison plusieurs autres mesures contre l’incendie ont été prises, telles que l’installation d’une prise d’eau de gros diamètre sur l’arrivée d’eau, juste après le compteur d’eau (pression nominale 6 bars), ainsi que des extincteurs à mousse et à poudre (boîtes de bicarbonate de soude à jeter à la main) placés dans tous les endroits à risque.

 

§ Longue-lance, cahier des charges de 1987.

§ Une longue tige rigide sert à diriger une tête d’arrosage dans ou sous un foyer d’incendie depuis l’extérieur, sans risquer la peau et les os d’un sapeur-pompier. Elle est montable rapidement par modules.

 § Un arrosage de refroidissement tout au long de l’amenée d’eau doit être assuré, pour qu’elle et la tige puissent résister à la chaleur.

§ Un arrosage en jets de gouttelettes de bas en haut, tout au long de l’amenée d’eau, produit un effet de lavage de fumées en plus de l’extinction.

Cet effet de « passage rafraîchi et lavé en pluie » est utile au cours d’un sauvetage ; il est nécessaire pour voir où diriger la tête de la longue-lance.

§ Longue-lance. Description du prototype de 1988. 

 § Comme tête de lance particulièrement résistante et dépourvue de pièces mobiles, j’ai choisi un « jet papillon » d’arrosage de jardin en dural. La pièce d’origine a subi trois modifications simples :

  1. – Découpe pour réduire la taille du socle.
  2. – Perçage du socle pour fixation à la tige (par vis et écrou M6).
  3. – Perçage d’un trou de Ø 2 mm à orifice conique, pour créer un jet frontal orientable.

1999 tete longuelance

§ La tige de 12 m de longueur était constituée en 1988 de 4 sections de tubes en fer emboîtés. Chaque section est constituée d’un tube de 1.20 m de long et de Ø 26 mm, qui s’emboîte dans un tube de 2 m de long et de Ø 30 mm, percé de trous de Ø 6 mm tous les 5 cm. La tige pesait donc un peu plus de 12 kg (note de 2014: lors de l’incident survenu pendant l’essai dans les arbres, elle a perdu 2 m: le prototype reste utilisable !).

Les tubes sont fixés entre eux par des chevilles en acier de Ø 8 mm, à montage/démontage rapide (qu’on trouve d’ordinaire par exemple pour le montage des roues de motoculteur).

§ L’amenée d’eau est un tuyau triple percé (d’arrosage de jardin), connecté directement à la tête. Ce tuyau percé de 15 m est volontairement plus long que la tige, se termine par un connecteur Geka.

Il est prolongé par un tuyau de jardin, de Ø 25 mm ou de Ø 36 mm à connecteurs Geka, de 20 m de longueur.

Le raccordement au réseau des pompiers peut se faire par un connecteur de 80 mm DIN 14321 relié par tuyau de 28 mm à un connecteur  Geka.

André Bovay-Rohr, Colombier (VD), Suisse, le 3.2.2014

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Charbon allemand et électricité suisse

Lettre de lecteur, publiée le 24.1.2014 dans le quotidien romand Le Temps (LT), page 15. L’auteur est un expert scientifique, en physique appliquée aux domaines de l’énergie et de l’électricité à l’échelle internationale; il a une connaissance approfondie de longue date de la situation en Suisse.

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Votre correspondante à Berlin a évoqué (LT du 15.1.2014) le malaise des Allemands devant la «renaissance du charbon» pour leur électricité. L’ampleur est telle que tous les agents fossiles (anthracite, lignite, huile, gaz) pour l’électricité en Allemagne se sont élevés à 359 TWh (milliards de kWh), soit 57% des 629 TWh de la production nationale en 2013! La part des sources d’énergie renouvelables est de 147 TWh, soit 24%. Mais il est illusoire de croire qu’elle va passer à 60% en 2035, comme indiqué dans l’article. On en veut pour preuve que la puissance en éolien a déjà dépassé le point de retournement et que les nouvelles turbines commencent à remplacer les vieilles qui sont hors d’usage. Il en est ainsi du développement de toute nouvelle technologie qui, tôt ou tard, arrive à un plafond.

La consommation d’électricité correspond à une puissance moyenne de près de 70 GW (milliards de watts). Mais, comme tout pays industrialisé, l’Allemagne a besoin d’une énergie électrique, dite de ruban, soit une puissance minimale continue, jour et nuit, été comme hiver, qui est de 40 à 50 GW et couvre une demande de 350 à 440 TWh par an. Cela seules des centrales thermiques de taille imposante peuvent l’assurer. Actuellement, à tous ces agents fossiles s’ajoute la production des centrales nucléaires encore en activité pour 97 TWh. Celles-ci disparaissant peu à peu, il faudra d’autres centrales à agents fossiles pour garantir ce ruban.

En Suisse, sur une demande moyenne de 7 GW, le ruban est de 5 GW correspondant à 44 TWh: 2 GW de centrales hydrauliques au fil de l’eau et 3 GW de nos cinq réacteurs nucléaires. Ceux-ci étant appelés à disparaître selon la Stratégie énergétique 2050, il est évident qu’il faudra des centrales thermiques fossiles, car les sources d’énergie renouvelables, à part la géothermie, sont aléatoires et intermittentes et ne peuvent garantir la couverture de ce ruban. Que veut-on vraiment pour notre pays?

Christophe de Reyff, Pensier (FR)

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Commentaire

A titre de comparaison, 40 GW correspondent à 100 (!) Usines-400, unité qui a été utilisée dans l’article Pénuries de 70% pour décrire la situation en Suisse de 2010. La taille de l’Allemagne en matière d’électricité est donc bien environ 10 fois celle de la Suisse.

Il se confirme donc, que si la Suisse allait continuer à suivre l’Allemagne comme modèle en matière d’énergie et d’électricité, elle irait dans le mur à propos de CO2 (déchet de la consommation de charbon), tout comme l’Allemagne … 

André Bovay-Rohr, Colombier (VD), le 29.1.2014

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Solaire espagnol : pas de quoi s’indigner !

Lettre de lecteur, publiée le 20.1.2014 dans le quotidien romand Le Temps (LT), d’un expert en matière d’industrie énergétique, ingénieur physicien de formation, titulaire d’un doctorat en physique nucléaire.

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François Musseau, dans l’article dans le LT du 13.1.2014 « Mariano Rajoy a coulé le solaire espagnol », annonce que le gouvernement a mis fin au subventionnement massif du solaire photovoltaïque. Une nouvelle plutôt négative pour ceux qui pensent que cette forme d’énergie pourrait remplacer rapidement et facilement le nucléaire. Une information cependant nécessaire, et courageuse donc du Temps, dans le contexte politique du moment.
Mais Le Temps, qui n’est pas naïf en matière économique, tire une conclusion qui peut surprendre. Cette suppression du subventionnement du solaire par l’Espagne est jugée regrettable et moralement indigne: la confiance de la commission européenne et d’une foultitude d’investisseurs serait injustement trahie.
En fait le solaire PV est très cher, 10 fois, voire plus, que le charbon, le gaz ou le nucléaire. L’Espagne exsangue économiquement n’avait pas les moyens de s’offrir un subventionnement aussi massif du solaire. Les subventions en elles-mêmes ne rendent jamais une technologie rentable. C’était une opération du type « Demain on rase gratis ». En puisant dans la poche du consommateur ou la caisse de l’Etat, vides toutes les deux. Demain a passé, on est après-demain et la dure épreuve de la réalité a balayé l’angélisme.

L’erreur du gouvernement était de lancer un tel subventionnement sans en avoir les moyens et d’abuser finalement ses citoyens. Quant aux  investisseurs qui crient au scandale de la bonne foi trahie, ils n’ont pas lieu de se plaindre. Des financiers et investisseurs compétents, ont en principe les moyens de connaître la réalité économique et d’anticiper des lendemains qui ne peuvent que déchanter. 

Jean-François Dupont, Pampigny (VD), le 20.1.2014

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DESERTEC, exploitation durable à grande échelle d’énergie solaire

Lettre de l’expert Pr. Dr. Hubert Kirrmann, ingénieur en électrotechnique de l’EPF Zürich, informaticien spécialiste d’automation industrielle. Les intertitres sont de l’éditeur.

§ Contexte – si les choses allaient mal se passer

Dans 100 ans, les derniers gisements de gaz, de pétrole et de charbon seront épuisés, les produits pétroliers ne seront plus des combustibles, mais que des matières premières; la concentration de CO2 dans l’atmosphère aura atteint le niveau du paléolithique; la population terrestre sera en recul, suite à la pollution, aux changements climatiques et aux conflits. Et pourtant, il n’y aura eu aucun besoin d’en arriver là.

§ Il y a une très bonne alternative

Il y a dans les régions désertiques sur Terre suffisamment d’énergies renouvelables pour approvisionner 10 milliards d’êtres humains indéfiniment.

En Europe, le projet Désertec (https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Desertec) initialement lancé par l’Allemagne et certaines grandes entreprises entrevoit de construire dans la zone aride de l’Afrique du Nord et du sud de l’Europe des centrales électriques solaires (laissons de côté les autres facettes de Désertec comme les parcs éoliens).

Dans ces régions, le soleil livre généreusement une puissance moyenne sur l’année de plus de 200W par mètre carré (1 kW pointe). Avec seulement 10% de rendement, il ne faut pour remplacer la production d’une centrale nucléaire de 1 GW qu’un carré de 7 km de côté, infrastructure comprise. 100 centrales réparties du Maroc à l’Egypte suffisent pour approvisionner tout le Maghreb, l’Afrique sub-saharienne et l’Europe en électricité et substituer le pétrole.

Pour cela, aucune recherche fondamentale n’est nécessaire. Les technologies sont connues: centrales photovoltaïques pour la production diurne et centrales thermo-solaires pour le stockage et la production nocturne. Il suffit d’améliorer la technique et de baisser les prix. Le coût de production du kWh solaire est sous ces latitudes en-dessous du prix de détail en Suisse, la « parité  » est atteinte.

La production solaire culmine quand la demande est la plus forte, surtout dans les pays qui climatisent leurs édifices, le « pic de midi » est couvert. La répartition des centrales sur plusieurs fuseaux horaires assure l’étalement des pics journaliers et une production peu dépendante de la météo et de défaillances. La production en hiver est assurée même quand la Suisse vit sous le brouillard.

Le transport de l’électricité par câbles à courant continu sur le fond de la Méditerranée est résolu: il est même plus économique de faire tourner une centrale à gaz en Sibérie et de transporter l’électricité par lignes électriques que de transporter le gaz par gazoducs et de le brûler ici. Les câbles pourraient être posés comme les gazoducs aujourd’hui, ou même sous les autoroutes.

Cette source d’énergie assure des emplois sur place (construction, entretien, défense) et contribue à la stabilité des pays et réduit l’émigration. Des usines d’aluminium, des centres de calculs peuvent s’y installer.

La Suisse a l’argent. Elle pourrait monter un partenariat avec certains pays et se positionner en pionnière. Ses barrages de montagne lui permettent de lisser les pointes et de fournir l’électricité d’appoint et de régulation. Elle deviendrait la batterie de l’Europe Centrale. Rien que des avantages.

§ Les dérives, où nous entraînent les guerres entre fournisseurs d’énergie

Mais jusqu’à présent, seul le Maroc a ouvert une petite centrale. Le projet est en crise, les partenaires économiques se retirent. Pourquoi ?

Pour simplifier, disons que ni les pétroliers, ni les partisans du nucléaire, ni les « écologistes », ni les politiciens, ni le commerce n’en veulent.

D’abord, Désertec doit subsister sans subventions, et subit donc la concurrence des centrales fossiles. Le bas prix actuel de l’électricité en Europe l’affecte.

Même si l’électricité de Désertec ne coûte que 20% de plus qu’à la bourse, aucune banque ne lui fait crédit. L’industrie pétrolière, pourtant profitant des deniers publics, s’oppose aux subventions du solaire (et a fermé ses propres activités solaires).

Ensuite, l’industrie Européenne du renouvelable existe grâce aux subventions, même là où cela ne fait pas sens ni économiquement, ni techniquement. Les petits producteurs voient en Désertec un concurrent qui pourrait avec le même investissement produire trois fois plus d’énergie de meilleure qualité et leur coûter leur retraite.

Bien sûr, certains invoquent d’autres problèmes plus ou moins réels : le sable, les voleurs, la volatilité politique, les extrémistes religieux, les « rois du soleil », le néocolonialisme, les nobles Touaregs, les vaillants combattants du Polisario, les matières premières. Il est difficile de croire à la sincérité de ces mêmes qui roulent au pétrole d’Afrique, se chauffent au gaz du Maghreb et couvrent leur grange de cellules importées d’Asie payées par leurs voisins.

Puis il y a les nostalgiques du nucléaire 1979 qui pensent encore pouvoir convaincre l’opinion et les banques de construire des centrales nucléaires et ne veulent donc pas d’autre solution.

§ Les défaillances politiques des Etats.

Seuls les Etats pourraient encore intervenir, mais les déclarations « vertes » de nos dirigeants servent surtout à rassurer leur opinion et à assurer leur réélection. S’ils sont bien informés, ils savent que nous fonçons droit dans le mur. Dans le rapport sur l’énergie 2050 du Conseil Fédéral, les importations d’électricité ne figurent qu’en marge, Désertec n’est pas une option, et encore moins un champ d’action. Par contre, les lobbys pétroliers sont bien présents au Conseil Fédéral « dans l’intérêt de l’économie », bien sûr et les écologistes défendent leur petite industrie.

§ Un avenir bien terne

La situation changera dans 30 ans, quand les centrales atomiques françaises s’arrêteront et que le lignite allemand sera épuisé, quand le feu de paille du gaz de schiste s’éteindra et que le prix du baril montera au-dessus de 500$ et quand l’on se rendra compte que 30 ans de subvention du pâle soleil helvétique n’auront même pas remplacé Beznau. À ce moment, l’économie se ruera vers ce nouvel Eldorado et nos conseillers fédéraux joueront les coursiers. Seulement, les Asiatiques qui développent aujourd’hui la technologie pour leurs pays occuperont le marché et nous vendront le courant – si nous sommes encore capables de le payer.

Hubert Kirrmann, Professeur honoraire de l’EPFL

Baden, 12 janvier 2014

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Commentaire

§ Pour la survie à long terme de la civilisation énergivore, Desertec est bien le genre de développements inéluctables à entreprendre. Pour que la graine veuille bien germer, il faudra que les pays ensoleillés soient beaucoup plus directement intéressés à ces technologies: on peut suggérer de mettre dans les programmes de développements et de constructions une priorité élevée aux productions d’eau douce et de sel. 

§ Pour que les pays consommateurs d’électricité reprennent courage à propos de Desertec, il faudra que tout le monde soit bien persuadé que le CO2 produit par la combustion de pétrole, de charbon et de gaz est bien le principal responsable des changements climatiques, de la montée de l’océan, des tempêtes démentielles … Or il est bien tard: au paléolithique, il y avait au maximum 270 ppm de CO2 dans l’atmosphère et nous en sommes à 400 ppm, en augmentation d’environ 2.5 ppm/an; voir    http://www.esrl.noaa.gov/gmd/ccgg/trends/

Nous avons créé les conditions de la 6ème extinction de masse – il n’est pas du tout sûr que nous puissions, en tant qu’espèce, y échapper.

§ Le tout premier problème qu’il va falloir résoudre, pour lequel Desertec a servi de révélateur, c’est à grande échelle faire face à l’échec du système capitaliste et donc de notre système social, à prendre à temps les bonnes décisions … et cette fois-ci, il ne s’agit pas de milliards de francs ou de TWH, mais de notre peau en tant que Société civilisée !

André Bovay-Rohr, Colombier (VD), le 28 janvier 2014

Commentaire

Bien regarder la date de l’article: l’inexistence de l’effet de serre de gaz comme CO2 ou CH4 n’était pas connue de l’éditeur, informé en 2017. S’il y a montée de l’océan, c’est au réchauffement qu’on le devrait, provoqué par d’autres causes climatiques … Les fraudes de 1995 du GIEC n’avaient pas encore été éventées et démontrées par le Pr. Pont !

A mon avis, les techniques de Désertec restent très intéressantes et porteuses pour le futur.

André Bovay-Rohr, Colombier (VD), le 14 octobre 2020

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Le Conseil fédéral et le Parlement ont été trompés

Le 15 novembre 2013 a eu lieu à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), une journée des infrastructures 2013, avec le thème « Pour une utilisation efficace de l’énergie », organisée sur l’initiative du département fédéral DETEC de Mme Doris Leuthard . Le programme peut être retrouvé sur le site de l’EPFL, chaire MIR.   Une très bonne organisation.

§ En préparation, les conférenciers (sauf le DETEC, déjà abondamment documenté) ont reçu le message:

Pour chiffrer avec une bonne précision les quantités que l’efficacité énergétique va devoir nous offrir, il y a une méthode (avec unités faciles à saisir), exposée dans l’article court:    Pénuries de 70% !   En complément, exposé lapidaire des conséquences des futures pénuries d’énergie primaire:    Coincés sur les transports …   et   PAS DE SURVIE  

§ Comme participant, à la fin de la table ronde, j’ai fait une remarque et posé une question aux participants, en bon français; en substance: «Vous avez été victimes de fraude scientifique à propos des dangers de la radioactivité; êtes-vous conscients qu’avec la décision de sortie du nucléaire dûe à ces peurs, vous vous êtes faits avoir ?»  Personne n’a répondu sur le fond, pas même Mme Leuthard, pourtant au coeur de la décision du Conseil fédéral …

Documentation    Radioactivité: une fraude scientifique en a exagéré les risques

§ L’ancien Conseiller National M. Urs Hany, peu après, a fermement annoncé que la décision de sortie du nucléaire était irrévocable (librement traduit du Schwytzertütsch) et qu’il ne fallait pas y revenir dans la discussion. Le capitaine du Costa Concordia aussi a pris des décisions irrévocables sur la base d’informations fausses; résultat:

2013.11-18 costa concordia

Source de l’image:   http://www.telegraph.co.uk/travel/cruises/9017912/Costa-Concordia-will-it-sink-the-cruise-industry.html

Et encore, c’était un assez bon cas: un naufrage corps et biens laisse beaucoup moins  de survivants que cet échouage en pleine nuit. En matière d’énergie, pour la Suisse et pour l’Allemagne, le pire n’est pas exclu; voir pour rappel l’article « Eloge du nucléaire durable« .

§ Il ne sert à rien d’en parler seulement aux spécialistes; c’est pourquoi j’ai envoyé ce jour le message suivant au Président de la Confédération, information qui n’est absolument PAS CONFIDENTIELLE:

La peur de la radioactivité a résulté d’une fraude scientifique, d’une tromperie en médecine et biologie, de mensonges découverts fin 2011. Le Conseil fédéral et le Parlement ont donc pris une décision aussi importante que de sortir du nucléaire, sur la base d’informations FAUSSES: on ne peut pas la laisser définitive, elle est financièrement et techniquement désastreuse, pour RIEN.  Vous vous êtes fait avoir ! 

André Bovay-Rohr, 1114 Colombier (VD), le 18 novembre 2013

Commentaire

Ni réponse, ni réaction, rien: le navire fédéral vogue à la manière du Costa Concordia, en ce qui concerne le futur de son électricité …

André Bovay-Rohr, 1114 Colombier (VD), le 4 janvier 2015

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Energies renouvelables inadaptées: quelle pagaille!

L’article du Pr. Giovannini cité ci-dessous, paru en version courte dans Le Temps (LT), est sur la page   http://www.bgiovanno.ch/   Le titre de la lettre est celui choisi par l’auteur, différent de celui de la parution le 7.11.2013.

L’éditeur

Lettre de lecteur

Bien distinguer énergie et puissance électriques, et énergie thermique

Le Pr Giovannini écrit (LT 31 octobre) que le remplacement de l’électricité nucléaire par des sources d’énergie renouvelables (SER) est «probablement praticable», soit remplacer une énergie par une autre, électricité nucléaire par électricité renouvelable. Il omet le fait que la demande électrique est basée sur une énergie de ruban, d’une puissance de 5 GW (gigawatts) permanente, jour et nuit, été comme hiver, grâce à 2 GW d’hydraulique et à 3 GW de nucléaire. Même si les SER arrivaient à produire les 25 TWh (milliards de kWh) du nucléaire, elles ne pourront pas assurer une contribution constante de 3 GW à cette puissance de ruban, étant aléatoires et intermittentes. Le stockage de l’électricité par pompage-turbinage peut être une solution pour le cycle jour/nuit, si les conditions météo sont favorables, mais pas pour un cycle saisonnier été/hiver, les ouvrages à envisager étant énormes, dépassant le potentiel alpin réalisable.

Il y a aussi une affirmation erronée concernant un «facteur de plus de quinze», soit le rapport entre la teneur calorifique de la consommation brute de tous les agents énergétiques fossiles, soit 175 TWh thermiques, et la production électrique d’une grande centrale nucléaire, tel l’EPR, soit 12 TWh électriques. Le Pr Giovannini écrit qu’il faudrait «la construction d’un nombre respectable de centrales» pour remplacer ces agents fossiles. La comparaison énergétique est évidemment à faire ici avec l’énergie primaire thermique des centrales nucléaires, soit 34 TWh thermiques pour l’EPR. Le facteur n’est donc plus que de cinq. Ne pas mélanger énergie thermique (moteurs à 25% de rendement) et énergie électrique de grande valeur (pompes à chaleur au coefficient de performance de 4 et voitures électriques à moteur électrique de 95% de rendement)! Si «un tel programme est aujourd’hui politiquement impensable», comment vont diminuer les agents fossiles?

Christophe de Reyff, Pensier (FR), le 4 novembre 2013

*  *  *

Commentaire:

Nous allons tirer les conséquences des remarques de M. De Reyff, en montrant sur des exemples d’une actualité brûlante combien il a raison de protester !

Le premier problème sous-jacent à toutes les discussions sur l’énergie est la violation des lois de la physique, qui consiste par exemple …

… à ne tenir compte que des inventaires et des sommes de l’énergie, et pas des dérivées selon le temps, par exemple des puissances, selon les heures dans la journée ou selon le calendrier; c’est ce qui va interdire de remplacer une usine nucléaire (donc thermique) par autre chose que de l’électricité au charbon (usine thermique) comme sécurité, bel exploit écologique allemand. Cela vient de ce qu’on ne sait pas accumuler pareilles quantités d’électricité, jusqu’à nouvel ordre, et que pour les fabriquer pendant les absences des sources renouvelables, seule une usine thermique est assez puissante. Comme le gaz est beaucoup plus cher que le charbon, et que ces usines ne peuvent pas être arrêtées en un clin d’oeil, le désastre est programmé: si le réseau électrique est stabilisé, il y aura des excédents.

… ou à oublier la loi de Carnot (qui permet de calculer des rendements thermiques de moteurs ou de pompes à chaleur, et donc interdit d’additionner des KWH thermiques avec des KWH électriques).

§ Par suite, on se trouve devant des propositions ou même des systèmes réalisés, qui ne tiennent pas la route, soit par inadéquations de puissances, soit par défauts de fournitures à temps; s’ensuivent des fournitures excédentaires, par suite des sérieux défauts structurels inhérents à l’ensemble « énergies renouvelables + charbon » … un désastre financier et écologique (au CO2) en train de se produire sous nos yeux, sous les coups d’importations d’électricité excédentaire à prix bradés, en concurrence directe avec nos centrales hydrauliques. Un tel développement signifie qu’il y a eu violation de l’éthique de l’ingénieur: on a mis en place à l’étranger un système déséquilibré et instable, qui sème durablement la pagaille en Suisse. 

André Bovay-Rohr, Colombier (VD), 14.11.2013

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Irréalisme, optimisme infondé et incompétence: pagaille à Berne

« Préparons-nous à être les meilleurs sur le plan énergétique« , écrivait Mme Doris Leuthard le mercredi 25 septembre 2013, dans Le Temps, Débats, page 11. En exergue « La stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral se veut à la fois réaliste et optimiste ».

1. Or 2050 est totalement irréaliste! Le propos n’est en soi pas sérieux, sape la crédibilité de tout le dossier: aucune prévision technique, d’organisation ou de haute finance n’a la moindre chance de se vérifier à pareille échéance; la position privilégiée de la Suisse et sa capacité d’adaptation ont des limites de résistance aux pénuries, mais pour 2050, après avoir fait mille sottises, on devine qu’elle s’en sortira dans un bon état énergétique et environnemental: au Conseil fédéral, on navigue donc dans des croyances. Or les politiques et les fonctionnaires fédéraux, les décideurs de 2013 seront en 2050 tous à la retraite ou dans la tombe, toutes leurs pires fautes juridiquement prescrites: c’est la seule chose vraiment prévisible ! 

 2. Croire (!) qu’une politique et des technologies intelligentes, encore à inventer et « qui échappent à toute prévision fiable« , permettront de concilier sécurité d’approvisionnement (?), rentabilité (?) et compatibilité avec l’environnement (?) est de l’optimisme délirant. Agacer longuement les pays voisins et l’Europe avec une politique qui confond constamment énergie et électricité, n’est pas intelligent … Dure en affaires, la Suisse, oui; mais intelligente en affaires énergétiques ? Certainement PAS !

3. Sur ces deux contradictions internes du propos, l’auteur ajoute une troisième couche, qui ébranlerait l’optimisme le mieux chevillé au corps: elle évoque une transition énergétique – concept vague signifiant en réalité qu’on fuit le nucléaire par principe, pour des raisons idéologiques et fantasmées, en imitant l’Allemagne; or là on se heurte aux contraintes scientifiques et techniques du problème ! Les énergies dites renouvelables, pas plus que les progrès en efficacité énergétique, n’offrent sur le terrain des perspectives crédibles; pas trace non plus dans ces projets du Conseil fédéral d’un début de réelle sortie du carbone: en imitant l’Allemagne, ce serait plutôt l’inverse – pauvre environnement ! Ce n’est pas smart du tout: c’est de l’incompétence. 

Pas de quoi devenir les meilleurs donc – sur quelque plan que ce soit – Quelle suffisance dans le propos ! Quelle pagaille

Documentation 

Cela se voyait déjà en 2011 dans les désopilantes galeries d’images de Mix & Remix:

   http://www.infrarouge.ch/ir/galerie-576-nucleaire-sortie.html   de mars 2011

   http://www.infrarouge.ch/ir/galerie-587-suisse-sans-atome-bien-raisonnable.html   de mai 2011

Ce n’est pas d’hier qu’il y a de la pagaille à Berne; documentée en novembre 2010: au DETEC, un magnifique rapport de l’OFEN saboté en haut lieu

   http://www.infrarouge.ch/ir/thread-329058-quelle-pagaille-conseil-federal

Les conséquences de la future pagaille énergétique se voient depuis très longtemps, par exemple:

   http://www.infrarouge.ch/thread-166317-comme-ailleurs-politique-pour-moment-femme.html

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La Suisse devra se débrouiller TOUTE SEULE …

Il y a heureusement de très rares retraités suisses de formation scientifique, qui ont le courage de dénoncer les dérapages énergétiques de la Confédération et de nos cantons romands ! C’est un service rendu à la communauté, que les pouvoirs publics aussi bien que les médias ont jusqu’ici méprisé: ce N’EST PAS un avis parmi beaucoup d’autres – à faire la sourde oreille, très dure sera la chute …

Les rédacteurs en chef de nos journaux ne réalisent pas la chance qu’ils ont, qu’un spécialiste libre et indépendant – qui pourrait jouir tranquillement de ses vieux jours –  prenne la peine contester les pires sottises qu’on peut lire dans leurs colonnes.

En ce qui concerne Le Temps, je lui reproche de publier par exemple le 27.6.2013 un propagandiste comme Dieter Majer, sans aucune critique dans le même numéro (un Gobeur s’ajoutant à une myriade de Verts tout aussi Gobeurs, qui ont entraîné leur pays dans une effarante pétaudière technique et financière: l’amplification de l’exploitation du charbon et de la lignite) … Voir ce qu’en ont dit les auteurs scientifiques Dupont et De Reyff dans les Observateurs . Voir aussi la réaction officielle signée Oskar Grözinger, dans le Temps, rubrique OPINIONS Mardi 20 août 2013     Pourquoi les centrales nucléaires suisses sont les plus sûres

La carte du désastre de l’exploitation à grande échelle en Rhénanie-Westphalie de la lignite: TANT PIS POUR LE CO2, alors que des dizaines de villages vont être détruits 🙁

Lignite exploité en BRD - planification

Source:   http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Rheinisches_Braunkohlerevier_DE.png

Ci-dessous la lettre de lecteur de M. De Reyff (sur quatre soumises, une seule a été publiée depuis juillet 2013 !) parue dans Le Temps le 7.10.2013, avec un titre au sens modifié (!) par la Rédaction 🙁

Il en ressort que l’Allemagne N’EST VRAIMENT PAS un modèle énergétique

La Suisse va être bien seule, quand elle devra débrancher ses précieuses mais vieilles centrales nucléaires: personne en Europe n’aura de surplus à lui vendre en hiver et personne ne voudra plus de sa trop chère électricité hydraulique … Il y a en cette affaire d’énergie beaucoup de chemins (qui la plupart mènent dans le fossé), mais il n’y a qu’ une unique voie royale, qu’on peut résumer par : « il ne faut surtout pas sortir du nucléaire, il faut en détruire les déchets».

L’éditeur

*  *  *

Pensier (FR), le 1.10.2013

L’Allemagne exemplaire, vraiment ?

Votre Analyse (LT 27 septembre) de la Stratégie énergétique du Conseil fédéral cite l’Allemagne quasiment comme un exemple à suivre et conclut même que ce pays respecte les critères du Traité de Kyoto. Voyons ce qu’il en est vraiment de cette Allemagne, qui se veut donneuse de leçons avec ses parcs solaires et éoliens ! Sa consommation de charbon n’est pas modeste, elle est passée de 72 à 79 millions de tonnes équivalent-pétrole (Mtep) entre 2009 et 2012, soit un accroissement de 10%. Cela est dû à la mise en route de nouvelles centrales électriques à charbon (lignite et anthracite), produisant à ce jour 45% de l’électricité allemande, une part prépondérante donc, et cela pour cause de fermetures progressives de centrales nucléaires. En comparaison, l’éolien contribue pour 8% et le solaire pour 5%, mais de façon aléatoire, selon les heures et les jours. Il faut, par contre, des centrales qui marchent en continu, jour et nuit, pour assurer la production en ruban, avec une puissance nécessaire de plusieurs dizaines de gigawatts tout au long de l’année pour couvrir la demande de base en électricité du pays ; ce que ne peuvent assurer ni l’éolien ni le solaire. Corrélées à cette augmentation du recours au charbon, les émissions allemandes de CO2 ont également crû, passant de 800 à 815 millions de tonnes de CO2 (MtCO2) de 2009 à 2012 (soit 10 tCO2 par habitant), alors que le but de tous les pays est de faire diminuer leurs émissions de CO2. Est-ce ainsi vraiment vouloir respecter Kyoto ? Les chiffres pour la Suisse sont de 0,14 Mtep de charbon et de 41,8 MtCO2 (soit 5,2 tCO2 par habitant). Il n’y a pas davantage de commentaires à faire ! Non, l’Allemagne n’est pas du tout exemplaire en la matière.

Christophe de Reyff

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Une fin durable de la Suisse

Dans son histoire géologique, et dès les débuts de l’existence de notre espèce homo sapiens sapiens, le territoire suisse a été 90% du temps inhabitable: couvert de glaciers environ 100’000 ans, avec des interglaciaires d’un peu plus de 10’000 ans.

Extension des 3 dernières glaciations

Extension des 3 dernières glaciations

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Glaciation_de_Würm

Le premier signe d’occupation en Suisse date de -17’500 av. JC; le Léman a été libre de glaces vers -15’000. Or l’évolution inverse, la glaciation même temporaire, qui rendrait la Suisse inhabitable pour 10 ans au moins, peut se produire en tout temps: il suffirait qu’un super-volcan (comme par exemple le Yellowstone) produise au moins 1’000 Km3 DRE (Km3 d’équivalent de roches), en une éruption de deux semaines; il suffirait aussi qu’une comète ou une météorite de plus de 1 Km de diamètre heurte la Terre, pour obtenir des effets semblables. La simulation de la situation …

2013.10-07 Toba NasaSource: http://www.giss.nasa.gov/research/briefs/shindell_12/

… montre les effets, sur le climat global, de l’éruption du Toba, en Indonésie, vers -73’000, qui a émis dans les 3’800 Km3 DRE et a provoqué une chute générale de températures de -20°C; dans ces conditions, une lueur crépusculaire à midi, il n’y aurait actuellement en Europe plus du tout d’agriculture pendant au moins 10 ans; c’est dans ces conditions que notre espèce a frôlé l’extinction, les derniers survivants ont vécu misérablement pendant des siècles dans la cuvette du Congo, entre autres.

Les Européens – les Suisses les premiers concernés, car ils vivent à côté des glaciers – pour survivre devraient déménager plus au sud, traverser la Méditerranée, parvenir jusqu’à la zone intertropicale; au lieu d’une émigration désespérée

Repoussés de partout

Repoussés de partout

Source:   http://nawaat.org/portail/tag/immigration-clandestine/

On pourrait imaginer quelques préparatifs intelligents, pour éviter un sort aussi épouvantable …

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Irresponsabilité énergétique

Les cantons ces temps se basent naïvement sur la stratégie énergétique proposée par la Confédération; c’est désastreux, parce que cette stratégie, calculs refaits, est pourrie au point qu’elle n’a pas la plus petite chance de réussir … Où je m’étonne, c’est qu’il y ait des politiciens et des journalistes, pour imaginer que la Suisse, malgré ces avertissements scientifiques, puisse échapper à une douloureuse cassée de figure (qu’il n’y aura pas besoin d’attendre 40 ans !).

C’est prématuré, parce qu’elle n’a pas encore été adoptée: d’accord avec le journaliste Peter Morf (de Finanz und Wirtschaft), j’espère bien que le Parlement va y mettre le hola.

Documentation scientifique: Pénuries de 70% !  Coincés sur les transports …  Le domaine de la radio-protection vacille  Une vision irréaliste

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