Gaspiller ou exploiter les déchets nucléaires ?

Note de la rédaction.

Il y a sur le plan technique plusieurs solutions concrètes pour traiter les déchets nucléaires en toute sécurité: on nous ment donc effrontément depuis des années, en prétendant qu’il n’y en aurait pas. Il y a encore pire, voir « Danse au bord du gouffre ».

Dans la nature, tout le monde rencontre tout le temps toutes les substances radioactives imaginables; généralement en traces, mais par exemple dans le granit des Alpes ou sur certaines plages exotiques, en quantités appréciables, mais inoffensives. Nos spécialistes ont choisi l’option de garder le combustible nucléaire usagé, provisoirement sous emballages d’origine (du Zirconium, qui fond à 1’855°C et qui résiste bien à l’eau très chaude). Nos autorités, au lieu de le faire exploiter, proposent de l’enterrer profondément en l’état, bien emballé mais concentré, sans autres explications; la pire de toutes les options: en réutilisant ces soi-disant déchets, il y a pour environ 2 millions de Fr. d’électricité vendable à en tirer par Kg, ce qui en passant permettra de les détruire. C’est connu depuis plus de 10 ans; lire « Le nucléaire sera durable ».

On mesure donc combien la controverse sur les déchets nucléaires est absurde, fabriquée politiquement de toutes pièces, en ne choisissant pas une bonne option pour les traiter; ceci en plus du fait qu’ils deviendront inoffensifs naturellement avec le temps. Démonstration rigoureuse par notre expert en calculs:

Lettre de lecteur

Des déchets nucléaires encombrants, vraiment ?

«Pas dans mon jardin», c’est le message que l’article de F. Modoux (LT 13 octobre) veut faire passer, en rappelant que, par deux fois, le Demi-canton de Nidwald a rejeté un projet de stockage de déchets radioactifs sur son territoire. Il eût fallu préciser que, par deux fois, la Commune de Wolfenschiessen, sur le territoire de laquelle aurait été enfouis des déchets, a pourtant accepté le projet, par 54,4% des voix le 25 juin 1995 (en compagnie de 4 autres communes sur les 11 de Nidwald) et même par 55,6% des voix (629 oui et 503 non) le 22 septembre 2002. Il faut aussi corriger ceci : les installations de stockages souterrains qu’envisage la Nagra sous le Plateau suisse ne sont pas à 100 m, mais entre 400 à 900 m sous la surface dans des roches argileuses qui sont stables depuis des millions d’années. La crainte récurrente évoquée d’une possible remontées des isotopes radioactifs à la surface est basée sur une méconnaissance des faits physiques.

À Oklo au Gabon, existe une mine d’uranium quasiment à ciel ouvert. Intrigués par des anomalies dans la distribution des abondances isotopiques de l’uranium, les physiciens se sont aperçu en 1972 que ce site a fonctionné spontanément comme un ensemble de vrais réacteurs nucléaires naturels durant 400’000 ans avec des réactions de fission nucléaire en chaîne autoentretenues, de façon sporadique, au gré de conditions hydrogéologiques changeantes et favorables. On y a découvert des traces de produits de fission et des isotopes descendant des produits de fission d’alors, signature indubitable du phénomène d’une fission nucléaire naturelle. Ces éléments toujours à leur place n’ont migré que de quelques centimètres et non pas sur des centaines de mètres, bien que 1,7 milliard d’années se soient écoulées depuis. Imaginons nos lointains descendants qui par hasard feraient un forage qui traverserait un dépôt souterrain complètement oublié. Ils découvriraient dans les carottes une section un peu plus radioactive de matières diluées et vitrifiées qui correspond à l’épaisseur d’un volume de stockage traversé, l’analyseraient et assez rapidement comprendraient qu’ils ont transpercé un stock déposé là par leurs ancêtres. Il n’y aura pas lieu de s’en alarmer outre mesure.

 Christophe de Reyff, Pensier (FR), le 18 octobre 2012

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