Transition énergétique en Suisse ? Un piège !

Résumé

Lecture effrayante, désolante, violant sans complexes les lois de la physique élémentaires,  que celle de l’article du 5.5.2014 de Mme Doris Leuthard, Conseillère fédérale: elle ne prend pas pour sévère avertissement la pagaille financière actuelle en électricité en Suisse ! Elle n’écrit pas, que les énergies renouvelables en sont directement responsables et qu’il faut en Suisse surseoir à y investir … 

Logiquement, il ne reste de la politique du Conseil fédéral que les aspects « économies d’énergie et efficacité énergétique »; ne surtout pas répéter les erreurs de l’Allemagne devrait être le premier souci de son office fédéral de l’énergie, l’OFEN: or, hélas, il s’enferre ! La Suisse est entrée dans un piège. 

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Article analysé:

L’avenir énergétique dépendra de réseaux intelligents, 

Point de vue de la conseillère fédérale Doris Leuthard,

traduit de la Neue Zürcher Zeitung du 05.05.2014, publié sur la page

http://www.uvek.admin.ch/dokumentation/00476/03259/03324/03766/index.html?lang=fr

Une réaction du Pr. Silvio Borner, du 9.5.2014

   http://www.nzz.ch/meinung/debatte/leuthard-deckt-ihre-karten-auf-1.18298965

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§ Les Suisses ont jusqu’ici échangé des marchandises et des prestations avec l’étranger (montres, machines, chocolat, services bancaires et tourisme, entre autres) en partie contre des produits énergétiques, surtout du pétrole et du gaz, mais aussi de l’électricité, pour plus de 20 milliards par année; les réseaux d’approvisionnement obéissent aux lois du capitalisme. Ce modèle n’est malheureusement pas près de devenir obsolète, contrairement à ce qu’écrit Mme Leuthard, car nous n’avons localement aucune source d’énergie à la hauteur, pour concurrencer ces importations; ces réseaux commerciaux existent déjà, informatisés, mais ils vont devenir pour la Suisse peu sûrs à terme, dans un contexte de concurrence internationale de plus en plus féroce pour les ressources.

§ Nous avons en Suisse, pour le quart très important de notre consommation énergétique qu’est l’électricité, une situation de quasi-autarcie; nous bénéficierons heureusement d’un sursis, tant que nos centrales nucléaires fonctionneront; actuellement, il n’y a rien de valable, aucun système d’énergies renouvelables, candidat à la hauteur, pour remplacer même la plus petite d’entre elles! Documentation: Remplacer Mühleberg nucléaire ? Exclu !

De plus en plus, nous importons et devrons importer les surplus des voisins: cela ira, jusqu’au moment d’une crise énergétique en UE, en France ou en Allemagne, qui garderont alors leur électricité pour elles-mêmes. Pour ce qui est d’une entente avec l’UE, le dialogue est vraiment très mal parti un certain 9.2.2014 … Nous ferions bien de lancer la réalisation stratégique d’une vraie autarcie pour toute l’énergie, techniquement faisable avec du nucléaire civil – ne serait-ce que pour échapper aux jeux de pouvoir de l’étranger – contrairement à ce qui figure sans explications valables dès les premières lignes de l’article de Mme Leuthard.

§ Une trouille irraisonnée du nucléaire, en Suisse comme en Allemagne, l’accouchement au forceps d’énergies éolienne et photovoltaïque en Europe, par des subventions massives, ont créé par surproduction en électricité une situation de pagaille financière en Suisse: il s’agit hélas d’un défaut structurel durable, engendré par la physique du système (renouvelables + charbon); l’article révèle que c’est ce fait que Mme Leuthard n’a pas compris: elle ne viendrait pas proposer de continuer à développer les renouvelables, sinon !

Mais cela ne veut pas dire que nous pourrons bénéficier longtemps de cette source d’électricité  sale et bon marché: il suffira que l’UE en ait besoin pour elle-même … A ce moment-là, on dira aux Suisses: débrouillez-vous ! Et dans ce cas, le gaz et autres importations risqueront bien d’être aussi coupées ou restreintes. La transition énergétique représente donc objectivement, pour  la Suisse, un probable piège énergétique, plus seulement une pagaille financière comme maintenant: très vite les postes de travail et la vie courante seront menacés. De toute évidence, il faut dare-dare oublier l’actuel « tournant énergétique »: techniquement et financièrement parlant, il ne tient pas la route. Or Mme Leuthard persiste dans la ligne de conduite en train de nous couler.

§ Par rapport aux besoins et pour faire face aux crises prévisibles, les sources d’énergies renouvelables sont misérablement insuffisantes en quantités et en qualités en Suisse – la volonté n’a rien à y voir, l’informatique sans quantités suffisantes d’énergies n’y pourra rien – il faut vraiment faire plus de physique, plus de biologie et de médecine – et calculer mieux, reposer les pieds par terre. La Suisse reste libre de ses choix, libre d’éviter le naufrage !  Or je vois que Mme Leuthard persiste et signe, propose de continuer résolument sa ruineuse politique actuelle … Pourtant il faudra bien y venir: les données scientifiques et techniques montrent que c’est inévitable; une réforme devra donc commencer par les conseillers scientifiques et par l’OFEN. 

André Bovay-Rohr, Physicien et retraité, 1114 Colombier (VD), le 30.5.2014

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