RB±I : Optimiser l’énergie des Suisses

Le problème principal de la plupart des grandes Sociétés est de répartir équitablement le pouvoir et les ressources. Malgré toutes ses avancées, la Suisse ne fait pas exception, n’y arrive qu’en partie. Principe: pour la tirer d’affaire, on imagine ici un système pour attribuer à chacun sa part équitable des ressources, ainsi qu’une part du pouvoir plus importante que la démocratie directe, pour garantir cette part de place durablement. Un « revenu de base ± inconditionnel » (RB±I); je propose donc de voter OUI le 5 juin 2016, pour en établir le principe.  

Analyse

§ Beaucoup d’énergie est actuellement dépensée en Suisse pour répartir richesses et pouvoir, avec des succès très divers: malgré tous les filets sociaux, il existe une forte minorité travailleuse qui est pauvre ou très pauvre, sous le seuil de pauvreté; c’est inacceptable !

§ L’avènement de l’informatique a des effets sur l’existence même du moyen ordinaire de se procurer un revenu: le travail plus rare, les postes plus rares et les compétences de plus en plus grandes nécessaires pour les occuper. A cause des progrès continuels de la dite informatique, on ne pourra pas continuer à utiliser le stimulant « revenu » pour obliger la grande majorité à travailler, souvent dans des fonctions qui vont à terme disparaître. C’est inacceptable !

§ Le CHF sert de valeur refuge, dans notre monde financier en folie. Pour maintenir un équilibre raisonnable du CHF avec les autres monnaies, la BNS a été obligée de créer des centaines de milliards de CHF, qui sont maintenant aux mains des gens ayant vendu US$ ou €, émis en quantités astronomiques par les banques centrales des USA, la FED et européenne, la BCE, qui les leur avaient prêtés: il s’agit de la « finance de l’ombre« . Tôt ou tard, on verra resurgir une partie de ces CHF comme moyen de gouverner en Suisse (par exemple par achats de biens ou de firmes, mais aussi éventuellement comme moyen de faire plonger le CHF); c’est inacceptable ! 

§ L’élite suisse et une élite étrangère fortunée ont très bien su exploiter les possibilités d’accaparer biens et services; le RB±I doit être un des moyens de mettre fin à ces accaparements; par exemple, il suffit de rappeler à quelle résistance obstinée l’association « Rives publiques » se heurte, pour comprendre le problème; le partage plus raisonnable du sol et des logements devrait bien avoir lieu, mais paisiblement. Ces élites doivent se rappeler ce qui est arrivé à leurs nobles prédécesseurs lors de la révolution française: des siècles d’abus violents se sont subitement payés sous la guillotine …  C’est inacceptable !

Conclusion: pour faire face à ces pannes, un progrès sera d’introduire pour chaque Suisse un revenu de base plus ou moins inconditionnel (Rb±i), avec une législation assurant à ce système de fonctionner et de perdurer. C’est probablement une des rares méthodes, susceptibles de faire échapper la Suisse aux tempêtes financières mondiales prédites par l’experte financière Mme Myret Zaki.

Dispositions fondamentales d’application

§ Il apparait que le droit de vote est une partie de pouvoir, mais que le pouvoir de l’argent le réduit à une peau de chagrin. Proposition: à côté du prêt aux banques de l’argent qu’elle crée, la BNS finance un revenu de base individuel confortable, lié à l’exercice assidu du droit de vote. L’énergie des Suisses va ainsi passer à des choses plus utiles qu’à toute la circulation d’argent liée aux impôts et aux filets sociaux (assurances, retraites, charités). C’est une forme de Rb±i, limité cependant à l’intégration minimale comme citoyens à la Société suisse.

§ A chaque citoyen(ne) son compte de dépenses personnelles ou familiales, sans montant fixe égalitaire, avec un plafond élevé, mais raisonnable en fonction de l’expérience et du statut de la personne; il devra pouvoir servir aux dépenses courantes (par exemple par carte de Poste) et aux investissements. On pourra demander à chacun de consulter son budget, avant de se livrer à des dépenses importantes.

§ Les dépenses de l’Etat (Communes, Cantons, Confédération) seront également financés par la BNS, avec l’accord du législatif et du peuple sur leur budget: plus d’administration des impôts – quelle bénédiction !

§ Avec l’aide de l’informatique, on peut accélérer d’importance l’exercice de la démocratie directe: entre autres pour les votes sur le budget, il faut mettre en oeuvre un système de consultation permanent de tous les citoyens (décisions) et de tous les habitants (sondages): un système de vote par sondage permanent.

§ Le droit du code des obligations est à réviser, de manière à faire partager le pouvoir des actionnaires d’une entreprise avec les gens qui y travaillent et avec ceux qui en sont les fournisseurs ou les clients; proposition: transformer en coopératives toutes les entreprises suisses existantes sous forme de SA ou SARL (une personne, une voix), avec voix prioritaire comme groupe à ceux qui y travaillent. L’usage de l’informatique ici aussi pourra accélérer les processus de consultation.

§ On n’oubliera pas tous ceux qui n’ont pas le droit de vote citoyen, tels ceux qui ne votent pas, les mineurs ou les gens sous tutelle; mais on ne pourra pas faire bénéficier les étrangers de ce système, sous peine de créer une ruée d’immigration vers la Suisse.

Documentation

   http://initiative-revenudebase.ch/initiative/   

   https://fr.wikipedia.org/wiki/Revenu_de_base   

   2007-03-26-cooperativer.pdf    Extrait de textes de 2006 et 2007, écrits pour le site internet (disparu) de l’émission de la RTS InfraRouge. Textes explicitement insérés, remplacés ici par ce .pdf le 1.3.2018

André Bovay-Rohr, Colombier (VD), inventé le 15 février 2016,

rév. 27 avril 2016, 21 octobre 2016, 

Commentaire

Cher Monsieur,

Comme vous le savez l’initiative pour un revenu inconditionnel de base sera soumise au vote du peuple et des cantons le 5 juin prochain. Sans que ce soit écrit dans l’article constitutionnel proposé les initiants parlent de la somme de 2500 francs par mois et par personne adulte, donc de plus de 200-250 milliards par an, alors que le PIB était de 642 milliards en 2014. Le débat public va donc être lancé prochainement.

Dans l’article de votre blog vous proposez quelque chose d’équivalent. Cependant je n’y vois pas le côté ressources de la proposition (même problème pour l’initiative). Par quel phénomène la Banque nationale [BNS] serait-elle en mesure de verser ledit revenu ? Pourquoi la BNS, société de droit privée sous mandat de la Confédération,  et non la Confédération elle-même ?

Si elle ne fait qu’imprimer de la monnaie celle-ci sera de singe, c’est-à-dire sans valeur, les 2500 francs n’auront aucun pouvoir d’achat ;  et sinon d’où tiendra-t-elle les sommes nécessaires avant de pouvoir les redistribuer ?

Par quel miracle l’économie du pays resterait florissante au point de permettre de 1) ponctionner 200-250  milliards par voie d’impôt, soit un tiers du PIB, pour 2) redistribuer tout ça à tout le monde, quelle que soit leur activité ou leur inactivité créatrice de biens et de services ?

Peut-on vraiment supposer que rien ne changerait dans la capacité productive du pays si un tel revenu de base était instaurer ? N’est-ce pas prétendre que scier la branche sur laquelle on est assis ne la fera pas tomber ?

Bien cordialement

Michel de Rougemont, Kaiseraugst, le 20 mars 2016

Réponse de l’auteur de l’article

Grand merci pour ce commentaire détaillé !

§ Au préalable, je suggère de relire la loi sur la banque suisse de la monnaie (BNS, banque nationale suisse):

   https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20021117/index.html

La BNS est tellement proche du Conseil fédéral et du Parlement qu’on ne peut dire que ce n’est pas la Confédération: lors des négociations de reprise des banques cantonales de la monnaie, à l’origine de la BNS, qui avec acharnement ont duré 15 ans (!), le compromis helvétique trouvé a été d’associer des Cantons, des Communes et des privés suisses (100 droits de vote au max. par personne) à l’Assemblée générale (de la BNS SA), à laquelle la Confédération ne participe pas – mais a toutes sortes de droits préalables et de contrôle.

Son rôle est d’émettre la monnaie suisse, qui représente du crédit: c’est ce qui explique sa faculté de créer sans difficultés les centaines de milliards de crédits en CHF qui sont apparus ces dernières années (pour soutenir le CHF à 1 € ≥ CHF 1.20, savoir créer ex nihilo du CHF, pour acheter sans limite fixe US$ et €, entre autres).

Fournir du revenu à tout le peuple est une opération qui n’est ni un don, ni un salaire, mais une opération de lissage de pouvoir financier: après tout, jeter dans la nature du CHF en le livrant contre du papier € ou contre du papier US$ à des spéculateurs étrangers – ou créditer les mêmes CHF à des gens de confiance que sont les citoyens suisses, entre deux maux je préfère le deuxième … A ce stade, on n’a encore fait qu’ouvrir des comptes de crédit; ce ne sont pas encore des dépenses ou des investissements, qui seront de la responsabilité des détenteurs des dits comptes; chaque Suisse devient alors sa propre petite banque: c’est un pari sur ses compétences d’adulte. S’il n’est pas nécessaire de prévoir le remboursement du dit crédit, c’est une manière de récompenser la participation à la Société suisse et d’accepter que l’Etat de son côté fasse aussi des dépenses.

§ En ce qui concerne la création de biens et services, la création de richesses, c’est comme de gravir une pente: il n’y a pas de miracle – cela ne se fait pas sans peine; il faut être bien équipé et bien nourri: pour y arriver, même si des robots allaient entièrement fournir le nécessaire, il restera à gouverner l’affaire pour qu’elle réussisse … Je crois les citoyens suisses assez intelligents, pour comprendre le besoin de réfléchir et de fournir une part de son temps, sa part de travail comme par le passé. Il faudra probablement légiférer un peu pour définir les comportements sains ou les comportements abusifs, mais cela semble faisable.

§ Avec une démocratie directe informatisée bien utilisée, il me semble qu’il sera possible de contrer en temps utile les dérapages ou l’ankylose du système Rb±i.

André Bovay-Rohr, Colombier (VD), 22 mars 2016, rev. 23 mars

Commentaire [sur l’article du 15 février]

Let me just let you know that I could not disagree more on these issues …

[Traduction: Permettez-moi de vous faire savoir que je ne pourrais pas être plus en désaccord sur ces questions …]

Pr. Silvio Borner, Bâle, le 20 mars 2016

Commentaire

Courriel de réponse à des lettres de lecteur de 24 Heures, destinataires:

– M. le Vice-Président Grégory Devaud, Aigle

– M. Maurice Neyroud, Chardonne

Messieurs,

A la lecture attentive de vos lettres de lecteur de ce jour, j’ai été étonné que tant de défauts existent dans un projet, sensé promouvoir une réforme de principe de notre Société. En effet, nous traînons les scories de siècles de structures et de traditions, qui en réalité nous mènent dans le mur !

Le point qui me gêne le plus: pourquoi notre jeunesse n’a-t-elle pas plus que 152 enfants par 100 femmes chez les autochtones, au lieu d’au moins 210? Ce nombre bas signifie une division par 2 de nos effectifs toutes les deux générations: cela mène à l’extinction des Suisses et des Vaudois ! 

Cela impose que nous réformions sans tarder en profondeur la place et les revenus faits entre autres aux jeunes: répartir biens et ressources de manière moins élitaire et plus raisonnable … Il ne s’agit en tout cas pas de paresse, de moindre effort ou d’oisiveté, mais de survie !  Une redistribution des cartes et des rôles.

Voir l’analyse et des propositions plus élaborées dans le blog « Toutes les énergies ». Comme éditeur, j’attends avec plaisir vos commentaires.

André Bovay-Rohr, Colombier (VD), 4 mai 2016

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